« En fait, l’essentiel est déjà tourné « , annonce le réalisateur Yannick Saillet  » Sur le clip, on retrouve bien sûr les jeunes artistes de Génération Enfoirés, mêlés aux visages de soixante autres enfants, anonymes cette fois. Mais pour finir le clip en apothéose, je voulais une séquence où tout un groupe chante ensemble. C’est ce que je suis venu chercher ici à Sexey. « 
Pourquoi Sexey ? Parce qu’y habite Olivier Marchal, avec qui Yannick a tourné un autre clip, et qui a naturellement suggéré que la caméra soit plantée dans l’école de son village. Après un petit sprint administratif piqué par la directrice et ses supérieurs pour décrocher les autorisations, voilà donc tous les CE1 de l’école, issus des classes de Catherine Wietrich et Agnès Cuny réunis dans la cour.

Enthousiasme et frénésie

Surtout pas trop sagement rangés ! Le réalisateur y tient. « On n’est pas là pour la photo de classe », sourit-il en donnant une posture à chacun. « Tu vois la photo de Macron ? », demande-t-il à Timéo. « Hé bien tu fais pareil. » Timéo ne voit pas trop bien, non, mais il se laisse guider. Genre cool mais smart…

Une fois chacun en place, les premières notes peuvent s’égrener. « Ils ont eu moins de cinq jours pour l’apprendre», souligne Catherine Wietrich. « Mais la plupart l’avaient déjà entendue. Et puis ils sont très motivés… Chanter pour participer à un film, quelle aventure ! »
« Chantez avec enthousiasme et frénésie ! », leur intime le pro avant de donner le clap. Va pour l’enthousiasme ! Pour la frénésie, il faudra un peu plus approfondir leur champ lexical… Après tout ils n’ont que 7 ans. Hé puis, face caméra, ils se montrent intimidés.

 Les frimousses d’abord

À mesure que s’enchaînent les prises toutefois, le stress fait relâche. Et peu importent les fausses notes puisqu’il s’agit de ne prêter que leurs frimousses. On n’enregistre pas leurs voix. « Mais j’ai besoin qu’ils chantent vraiment pour m’offrir toute leur spontanéité. » Quelques minutes plus tard, les pieds commencent à battre le rythme, les bras à s’agiter, les visages à s’illuminer. Discrètement Patrick Potts, le maire, assiste au spectacle, heureux qu’un tel intérêt soit porté à sa petite école, et qui confirme en effet n’avoir jamais imaginé avoir « des petits enfoirés » dans ses quartiers… Sans offense, bien sûr. Grâce à Coluche, ce qui fut une insulte passe désormais pour un gage d’humanité.

Lysiane GANOUSSE