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NANCY – SOCIÉTÉ

Les chiffres de la précarité étudiante à Nancy

Deux millions d’euros sont consacrés, chaque année, par les services du CROUS, sous forme d’aides d’urgence, aux étudiants les plus démunis. 2.500 d’entre eux ont bénéficié cette année d’un soutien spécifique.

 

Bien avant l’ouverture officielle de la campagne hivernale des restos du cœur, Jean-Pierre Oriol, président départemental, faisait un constat amer : « Le nombre d’étudiants en situation de précarité ne cesse d’augmenter. Nous sommes débordés ».

La précarité étudiante est-elle plus importante ? Est-elle plus visible ? En contact direct avec le monde étudiant, et ses problématiques, les services du CROUS, chiffres à l’appui, dressent un bilan, on ne peut plus clair.

« Les restos du cœur ont décidé d’ouvrir de manière inconditionnelle leurs centres de distribution, aux étudiants, pour la 2e  année consécutive. Pour nous, le phénomène que décrit le président Oriol, est consécutif à un effet de bouche-à-oreille », explique Françoise Karshenas, conseillère technique de service social. Le nombre d’étudiants inscrits étant passé de 50 à 500 ! Effet de bouche-à-oreille, certes, mais les services du CROUS admettent néanmoins que les situations sont de plus en plus lourdes, et la paupérisation de cette tranche de population, bien réelle.

« Le phénomène observé par les restos du cœur a rendu visible la précarité étudiante », poursuit Jean-François Tritz, chargé de la communication.

Pour preuve, les initiatives privées ou associatives, qui depuis quelques années, fleurissent sur les campus, pour soulager les étudiants dans leurs difficultés quotidiennes (lire par ailleurs).

Premier prestataire d’aides et de services, le CROUS est confronté depuis de nombreuses années au phénomène, avec un budget (malheureusement) constant. « Nos agents ont pour mission de faire face aux situations d’urgence, en favorisant l’aide alimentaire, le logement, la santé ».

Accompagnement psychosocial

Si les restos du cœur, comme d’autres associations caritatives contribuent aujourd’hui à soulager une partie des missions du CROUS, il n’en reste pas moins que celui-ci reste l’interlocuteur privilégié du monde étudiant, garant de l’accès aux droits et à l’information ; garant aussi d’un accompagnement psychosocial des publics les plus en difficulté.

Pour ce faire, une équipe d’une quinzaine d’assistantes sociales veille, sur l’académie, à résoudre les cas les plus sensibles. Les aides qu’elles sont à même d’activer complètent ou se substituent aux bourses existantes (27.000 étudiants concernés sur 84.000 inscrits dans l’académie), soit une enveloppe de deux millions d’euros par an.

Ces aides exceptionnelles, d’urgence, peuvent prendre plusieurs formes. Ce peut être une allocation annuelle générée par un changement de situation familiale ; ce peut-être aussi des aides ponctuelles pour répondre à un coup dur, sous forme d’argent, de mise à disposition d’un logement en cité ; de l’attribution de repas (33.000 en 2017), de tickets services aussi pour faire face à l’achat de produits de premières nécessités. En 2017, et après enquête, plus de 2.500 étudiants ont bénéficié d’une aide d’urgence.

Frédérique BRACONNOT (ER du 4 décembre 2018)

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